Hegalaldia

Depuis le début du mois de février, des milliers de macareux s’échouent sur la côte atlantique française, de la Bretagne au Pays basque. Si on les trouve généralement en Atlantique Nord, le Golfe de Gascogne est une zone d’hivernage pour une partie d’entre eux car la mer y est plus calme et le poisson abondant, en particulier au large du Gouf de Cap Breton. Mais la raréfaction du poisson, liée au réchauffement des océans et à la surpêche industrielle, les contraint à plonger plus profondément dans l’eau pour se nourrir. Ils se fatiguent, leur température chute, leur plumage se dégrade et perd son étanchéité… Les tempêtes Nils et Pedro ont fortement aggravé la situation, en particulier pour les plus jeunes, moins expérimentés. Les oiseaux qui s’échouent sur les plages ont parfois perdu jusqu’à plus de la moitié de leur poids, souffrent d’anémie sévère et d’hypothermie. Leur température corporelle peut chuter à 30 °C, loin des 40 à 42 °C d’un individu en bonne santé. Pour les sauver, il faut agir vite et avec précaution.

Face à ce désastre environnemental, une mobilisation citoyenne et associative exceptionnelle s’est mise en place au Pays Basque et dans les Landes. D’abord timide et peu organisé, le réseau de coordination a évolué, s’est structuré pour devenir une logistique précise qui a grandement aidé les centres de soin de la faune sauvages du Sud Ouest. Hegalaldia, le centre de soin de la faune sauvage des Pyrénées Atlantiques, a accueilli des centaines d’oiseaux chaque jour, jusqu’à dépasser sa capacité d’accueil (vendredi 20 février, ils avaient plus de 400 macareux au centre, contre une centaine d’animaux en hiver normalement). Le centre a mobilisé de nouveaux bénévoles, venus de toute la France, et a fait un appel aux dons. Aujourd’hui les échouages se raréfient mais le travail dans les centres de soin continue.

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Une chaîne humaine pour les macareux

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Exhumation sur le Mont Saibigain, Pays Basque